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Association Européenne de Psychanalyse

FORUM

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aepsi@libero.it


Lettre au Parlement Européen

Monsieur le Président

Messieurs les Députés

Leur siège 

 

Objet: intégration de notre précedente intervention en défense de la psychanalyse européenne libre 

Dans le souci d’apporter tous les éclaircissements nécéssaires à votre projet de réglementation relatif à la pratique de la psychanalyse en Europe, nous voudrions adjoindre à notre précédente intervention l’intégration suivante concernant les critères fondamentaux que nous défendons dans notre Statut. 

  1. La psychanalyse jouit d’un statut scientifique dépassant largement le cadre thérapeutique. Curatifs sont les éffets éventuels d’une analyse conduite adéquatement, tandis que son but doit rester la connaissance de la personne, en particulier de ses processus inconscients et de leurs rapports avec la conscience.

  2. La psychanalyse consiste, dans sa définition plus étendue, en une forme particulière de conversation et d’expérience émotive visant la connaissance et la réalisation de soi.

  3. Pour d’evidentes raisons éthiques, n’importe quelle forme de conversation ne saurait être réglementée par des impositions extérieures, mais uniquement par un accord entre les personnes directement impliquées.

  4. Aucune institution ni corporation publique ou privée, donc, ne doit avoir de pouvoir politique sur la psychanalyse et sur les psychanalystes, lesquels, afin de pouvoir offrir une confrontation vraiment ouverte et authentique avec leurs analysants, doivent rester libres dans l’orientation de leurs propres pensées, intérêts et actions.

  5. L’inconscient, object d’étude de la psychanalyse, ne saurait se limiter à une conception donnée, mais doit intégrer toutes les conceptions ayant obtenu une reconnaissance de la part de la comunauté scientifique. Ce principe est particulièrement important afin de garantir à la psychanalyse cette ouverture et cette marge d’évolution sans lesquelles toute science serait destinée à périr.

  6. Le meilleur et le plus sûr moyen d’apprendre la psychanalyse reste, à notre avis, l’analyse personnelle approfondie. Néanmoins, celle-ci ne saurait prétendre d’être le seul moyen d’obtenir une certaine connaissance de la nature humaine et de l’inconscient (l’on comprend pourtant mal pourquoi un aspirant analyste voudrait se former en dehors de l’analyse). Certains grands psychanalystes n’ont pas bénéficié d’une analyse, même si à un certain moment ils auraient pu le faire, mais tous ont souligné l’importance de l’analyse personnelle dans la formation de l’analyste.

Ces critères ont, à notre avis, valeur transculturelle, c’est à dire qu’ils restent valables pour n’importe quelle école de pensée ou orientation voulant se définir psychanalytique. 

Le Président en charge,

Antoine Fratini


PARLEMENT EUROPEEN

Division du Courrier du Citoyen

5378

AS/rf

04/06/2003

Monsieur le Président,

Le parlement europèen a bien reçu votre nouvelle letre du 3 avril 2003 par laquelle vous adjoigniez la partie concernent les critères fondamentaux visant à faire la distinction entre psychanalyse et psychothérapie, mentionnés dans les documents fournis. Vous annexez également deux articles pertinents.

Je puis vous informer que j’ai transmis votre documentation à la commission juridique et des droits des citoyens.

Par ailleurs, je vous suggère de prendre contact avec la Commission européenne et sa direction générale du Marché intérieur en consultant le site suivant:

http://europa.eu.int/comm/dgs/internal_market/index_fr.htm

Je vous prie d’agrèer, Monsieur le préseident, l’expression de mes sentiments distingués.

 

Jean-Louis COUGNON

Chef de division


Le Parlement Européen entend réglementer d'une manière uniforme pour les divers pays de l'Union les conditions d'exercice relatives à la profession de psychologue et de psychothérapeute. Bien que la psychanalyse soit largement enseignée dans les universités européennes, la formation en ce domaine est jusqu'à présent toujours passée par un iter spécifique relevant de la recherche interieure et de la gestion de la propre emotivité, l'analyse personnelle et/ou didactique, étranger à la voie académique.
L'intention de l'AEP est de se prononcer pour que cette situation continue afin d'eviter que la psychanalyse ne perde les spécificités qui lui sont propres et ne soit assimilée à la psychothérapie.
Pour cette raison, l'AEP a retenu opportun adresser une Lettre au P.E. en faveur du statut scientifique de la psychanalyse et de sa liberté d'exercice en Europe.
Tout eventuel développement de la question sera publié par la suite sur notre site.


Antoine Fratini


Lettre au Parlement Européen
Monsieur le Président
Messieurs les Députés

Leur siège

Objet: intervention en défense de la psychanalyse européenne libre

La psychanalyse est née plus d’un siècle déja comme méthode d’exploration et de résolution des conflits psychiques présents dans l’inconscient des névrosés. Très tôt, elle s’est émancipée du champ spécifique de la psychiatrie pour assumer progressivement les caractéristiques d’une science ayant comme objet l’inconscient et capable de fournir de nouveaux instruments conceptuels permettant d’appronfondir la connaissance de la nature humaine dans toutes ses expressions personnelles, sociales, culturelles et cliniques.
Le principal promoteur de cette émancipation a été la père fondateur même de la psychanalyse, Sigmund Freud. Selon la volonté de ce dernier, la psychanalyse se doit de rester fidèle à son statut de " science de l’inconscient " et à sa vocation concernant le développement des connaissances relatives à la nature humaine et aux manifestations psychiques échappant à la raison.
Le travail du psychanalyste est assez comparable à celui du détective relevant les indices qu’un sujet laisse derrière lui sans s’en aperçevoir, et suivant ses propres intuitions concernant les possibles motivations de tel ou tel acte. Il est donc logique qu’une opération de ce genre provoque de fortes résistances chez les analysants quand la recherche s’approche d’affects et de conflits qu’ils voudraient continuer à ignorer, même en en payant les conséquences par une souffrance pouvant s’exprimer par toute sorte de symptômes névrotiques.
Ces résistances peuvent prendre d’innombrables formes, en particulier celle consistant à déplaçer l’attention de la signification subjective des symptômes vers leur cure. Ces détails, qui pourraient paraître un peu techniques, sont pourtant nécéssaires pour faire la distinction entre psychothérapie et psychanalyse. Tandis que la première, dans toutes ses formes et orientations théoriques, est finalisée à l’élimination des symptômes, la seconde, qu’elle se définisse freudienne, jungienne, lacanienne ou autre, se focalise au contraire sur le dévoilement de leurs significations; il s’agit par la suite pour l’analysant d’accepter ou non les implications morales que ces dernières comportent. Pour des raisons aussi bien éthiques que théoriques, le malêtre existentiel et subjectif ne saurait être confondu avec une "maladie mentale" nécéssitant d’une cure.
Le psychanalyste a donc le seul devoir d’offrir à ses clients l’ "analyse ", en leur faisant d’interlocuteur capable d’écouter en vertu de sa formation spécifique. Celle-ci consiste en une analyse personnelle permettant de comprendre par l’expérience ce qu’est l’inconscient et en quoi consiste véritablement l’analyse, qu’elles sont par exemple ses limites et ses effets sur le sujet. Cette formation par le vécu permet à l’analyste de mieu gérer ses émotions et de réagire d’une manière appropriée aux dynamiques inconscientes soulevées par ses analysants.
Nous voyons donc que la psychanalyse consiste simplement en une forme particulière de conversation et d’expérience émotive finalisée à la connaissance de soi.
Pour cette raison, les membres de l’Association Européenne de Psychanalyse demandent au Parlement Européen de bien vouloir considérer leur intervention et de pourvoir afin que la psychanalyse demeure libre d’être pratiquée par tous indépendament de tout diplôme et réglementation extérieure aux accords intervenant entre analyste et analysant.

Le président,
Antoine Fratini


3429
AS/rf

Monsieur le Président,

J'ai bien reçu votre courriel du 3 avril 2002, ayant pour objet  une  intervention en défense de la psychanalyse européenne libre.
Si, depuis plus de quarante ans, le Conseil a adopté un nombre considérable de directives destinées à faciliter l'exercice effectif de la liberté de prestations de services, ceci s'est accompagné d'une exigence en matière de qualifications et de diplômes pour pouvoir accéder à certains emplois.

Le Parlement européen, étant appelé à se prononcer dans le cadre du processus législatif, je transmets votre requête à la commission juridique et des droits des citoyens.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mes sentiments
distingués.


Jean-Louis A. COUGNON
Chef de division
Courrier du Citoyen
Head of division
Correspondence with the citizen


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