Association Européenne de Psychanalyse

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Déclaration à la Société Française et Francophone d’Ethique Médicale

 

A l’occasion de cette 5ème journée de la SFFEM, le 13 octobre 2005 sur le sujet : «la recherche médicale: quelles régulations?», L’A.E.P (Association Européenne de Psychanalyse) invitée, représentée ici par des délégués de son Président M. FRATINI, en présence de Monsieur De Robien, Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, fait la déclaration suivante :

"Dans le contexte actuel de la législation de la profession de psychanalyste il est question de la définir comme une psychothérapie.
Nous affirmons, au contraire, que la psychanalyse est :
1/ une science humaine, 2/ une éthique .

1/ En effet elle est une science.
Sans entrer dans un développement épistémologique rappelons que Freud a opéré une rupture sur deux fronts: d’une part avec la psychologie traditionnelle qui était métaphysique, et d’autre part avec la psychologie physique du corps.
Sans renier la valeur évidente de ces sciences, Freud oppose le «sujet» à la matière qu’étudie le physicien au moyen des calculs différentiel et intégral dans les ensembles N Z Q R C, et à l’être en soi, substance du métaphysicien.
Du sujet inconscient on tire les nouveaux concepts: de moi narcissique, de moi Oedipien, de pulsions: éros et thanatos, de refoulement, transfert etc…
La «vacuité» du sujet conduit certaines écoles à faire appel au calcul booléen, Galoisien et piagétien fournissant des expressions et des formulations logiques qui justifient le nom de «science du sujet». Autre manière d’analyser le zéro où tendait l’infinitésimal dx. Le langage universel de l’inconscient est proche de celui de l’informatique.

2/ la psychanalyse est une éthique
Attention ! Il ne s’agit pas de faire de l’analyste un père directeur de conscience,
Pour ne pas dire castrateur, culpabilisant, imposant une loi, une éthique, une morale, à l’analysant. Cependant il est clair que ce qu’on nomme moral est psychique et que le psychique humain est moral. Que signifie le moral? un psychique engagé dans un monde de valeurs : vrai, bien, beau, leurs modalités et leurs contraires, valeurs naturelles et culturelles variables selon les époques, les lieux, les sociétés et les individus.
La médecine a pour but et valeur finale la santé du corps vivant, animé , à maintenir, promouvoir et restaurer par de moyens thérapeutiques physiques.
La psychanalyse a pour but non pas la santé du corps par des thérapies, mais la santé psychique par des moyens psychiques appropriés que lui fournit la science analytique.

Il s’agit pour le psychanalyste, qui lui aussi a son serment éthique, d’assister le psychanalysant dans sa prise de conscience des structures superficielles ou accidentelles où il s’enlise, de libérer son moi profond des rôles, des vêtements d’emprunt. Accéder à l’autonomie par la libération des hétéronomies.
L’analyse s’arrête au seuil de la philosophie, comme au seuil de la médecine.
C’est la raison pour laquelle l’AEP refuse d’être enfermée dans la classe des psychiatres et des psychothérapeutes même si la libération de l’esprit est bénéfique à la santé du corps et de l’âme. L’esprit est essentiellement libre.
Asservir l’analyste et l’analysant c’est asservir l’analyse. C’est pourquoi nous sommes ici à la journée de la Société Française et Francophone d’Ethique Médicale."


Paul Duponchel


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