Compte rendu
du film Cattiva (Méchante) de Carlo Lizzani (1991),
avec Giuliana De Sio et Julian Sands
Passé
quasiment inaperçu du public etranger, ce film de Carlo Lizzani datant de 1991
s’inspire d’une histoire vraie advenue entre Jung et une de ses premières
patientes au temps où il travaillait comme adjoint du prof. Eugen Bleuler à l’hopital
Burgholzli de Zurich. La photographie, la mise en scène, l’interpretation, les
dialogues sont de haut niveau. Une note particulière mérite certainement l’actrice
napolitaine Giuliana De Sio qui joue le role, tout autre qu’aisé, de la patiente
hystérique du jeune docteur « Gustav » (on ne cite effectivement que le prénom
dans le film). D’un point de vie historique egalement, le film est très cohérent
et maintient toutes ses promesses. On y montre d’une façon très claire et
convaincante la confusion de diagnostique existant à l'epoque (et qui parfois se
représente aujourd'hui egalement) entre hystérie et schizophrénie, la navrante
impuissance des méthodes thérapeutiques (bains, repos, alimentation...) centrées
sur le paradigme organiciste, le recour pseudo-médical pour ainsi dire et nous
apparaissant de nos jours plutot désuet, au psychogalvanomètre à des fins
diagnostiques... tout le film tourne autour du thème du contact humain et
sentimental se substituant progressivement au rapport purement clinique entre
Jung et sa patiente très aggressive à cause de fortes resistences l’empechant de
se souvenir de ses responsabilités dans la mort de son premier fils. Son médecin
devra revêtir le role d’un veritable inspecteur, allant jusqu’à se déplacer pour
interroger les autres membres de la famille da sa patiente pour venir à bout de
cette intrigue digne du meilleur Hitchcock. Comme ce sera le cas dans le film
plus récent de Roberto faenza Prendimi l'anima traitant du rapport entre Jung et
la jeune patiente russe Sabina Spielrein qui serait devenu par la suite une
figure de renom dans le milieu psychanalytique, ce sont les dangers d'un rapport
d'une telle proximité qui finissent par constituer le fil conducteur de l'oeuvre
dans son ensemble en y donnant toute sa tension drammatique. On peut toutefois
reprocher, et il me semble que ceci pourrait bien être en rapport avec le choix
de ne pas mentionner le nom de Jung, le glissement final dans le roman signalé
par une quasi totale absence de reflexion sur le contretransfert du protagoniste
et le choix d'une conclusion dans laquelle on entrevoie, clairement exprimée par
l'écho d'une pensée formulée à haute voie, la victoire de l'amour né entre deux
êtres tellement distants de par leurs situations respectives.
Le cas auquel s'inspire le film est decidement moin connu que celui de Sabina
Spielrein, mais nous pouvons en rencontrer une citation dans la fameu ouvrage,
devenu à juste titre un classique du genre, Histoire de la découverte de l'inconscient
de H. Ellenberger.
Antoine Fratini
|
LArt Naturel : un exemple dapplication de la pensée jungienne par Antoine Fratini D'inspiration jungienne, l'Art Naturel exploite un réflexe humain universel, celui du recueil d'éléments naturels particulièrement suggestifs, racines ou pierres aux conformations les plus remarquables. La présence d'un tel réflexe explique par exemple pourquoi Ies enfants se perdent à ramasser Ies cailloux sur les plages et de nombreuses personnes collectionnent des morceaux de bois ou des blocs de pierre travaillés par I'érosion. Nous savions que la Nature "connaissait" la géométrie, mais elle sait aussi être artistique. En Orient un tel point de vue s'aligne à une tradition millénaire que I'art du bonsaï et du suiseki illustre parfaitement. En revanche, pour l'Occident I'Art Naturel représente une nouveauté sans précédent qui implique le passage d'une logique artistique centrée sur les performances égoïques, cause de toutes les exagérations qui blessent l'art contemporain, à une logique de I'harmonie avec l'ordre de la Nature et du Cosmos. Ceci n'est pas sans rappeler le progrès psychologique allant du Moi au Soi dont parle Jung dans ses oeuvres. D'autre part, c'est la première fois que la pensée jungienne inspire d'une maniére explicite et directe un phénomène purement artistique, privé de but thérapeutique. Mais l'art de la Nature ne date pas d'hier, certains s'en sont aperçus. Aussi Max Ernst s'exprimait-il ainsi : "Erodés, les blocs de granit sont merveilleux. Aucune main humaine ne saurait arriver à tant. Alors pourquoi ne pas nous limiter à imprimer sur les produits de la Nature les signes uniquement de notre mystère?" |
![]() ![]() |
webmaster: Angelo Conforti