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Protagonisti
Jean-Luc Maxence

Jean-Luc Maxence
Conferenza
Palazzo OF -
Orsoline Fidenza
Giovedì 22 Maggio 2008 -
ore 17
Mesdames, Messieurs, chers amis,
La Terre tremble en Chine et fait près de 80.000 morts, sans compter les blessés. Un cyclone proprement infernal détruit tout sur son passage de mort en Birmanie. Et c’est encore plus de 50.000 cadavres qui pourrissent ici et maintenant dans les eaux stagnantes de l’horreur, comme après une gigantesque colère de je ne sais quelle force divine! Cela n’est pas le déluge biblique mais ça lui ressemble… Et les arches de Noé se font rares! Et qu’ils soient chinois ou birmans, des milliers de survivants innocents souffrent, gémissent et interrogent le ciel et ses symboles sur la cruauté aveugle des éléments déchaînés. Des milliers de «Job» posent le «problème de Job» comme l’écrivait C.G. Jung dans son livre «Réponse à Job» qui n’a jamais été autant d’actualité, en somme! Nous y reviendrons.
Dans l’immédiat, plus que jamais, nous nous souvenons de la phrase prémonitoire de C.G. Jung dans Les racines de la conscience: «Celui-là seul qui ne comprend pas a besoin d’une interprétation. Seul l’incompréhensible a une signification. L’homme s’est éveillé dans un monde qu’il ne comprend pas et c’est pour quoi il cherche à l’interpréter». Il explique également dans le même ouvrage que l’angoisse panique de la démoralisation nous guette… «Quand tous les soutiens et toutes les béquilles sont brisées et que n’existe même pas la moindre réassurance promettant encore un abri quelque part, alors seulement se présente la possibilité de faire l’expérience d’un archétype qui jusque là s’était tenu caché dans l’absurdité lourde de signification de l’anima. C’est l’archétype du sens, tout comme l’anima représente purement et simplement l’archétype de la vie».
Et pendant ce temps-là, ou plutôt en même temps, simultanément, nul besoin d’être Al Gore, ou je ne sais quel José Bovet obsédé d’OGM problématiques pour participer à l’immense et saine réaction écologique «pour secourir, voire sauver notre pauvre planète en péril» selon la formule consensuelle et consacrée!
Ainsi, ces derniers temps, (mais n’est-ce pas de tous les temps?) les catastrophes naturelles, foudroyantes, tueuses, font concurrence, dans le registre du mythe de l’Apocalypse, à l’Ecologie née peut-être pour compenser et corriger les fautes de l’Homme contre la nature en général, à faire frémir l’homme naturel!
D’un côté, il y a le nucléaire qui va tout faire exploser, le pétrole qui va tout souiller, l’effet de serre, le trou d’ozone, les risques de pollution de nos villes tentaculaires, la réalité de l’eau polluée par les détergents et les poubelles des hommes, les cargos fous qui polluent nos plages les plus belles, les usines chimiques qui explosent dans l’air, les forêts saccagées par les chasseurs avides de fric, la réalité de certaines espèces animales qui disparaissent, le réchauffement de la planète entraînant la fonte des glaciers et déstabilisant les pôles, sans oublier la désertification de vastes régions et la rareté de l’eau qui va manquer de plus en plus, le péril des pesticides qui contaminent nos aliments, et tutti quanti!
Bref, le pire nous est promis: les nouveaux cavaliers de l’apocalypse totale issue de mains coupables, bien entendu marquées du sceau de l’ancestral péché originel s’avancent au galop dans l’horizon de nos têtes terrorisées…
De l’autre côté, il y a la «pachamama», la Terre-Mère , et l’Air, et l’ Eau, et le Feu qui se fâchent, qui se vengent, peut-être, qui le sait?
Comme chantait Yves Berger dans Starmania: «le temps est stone, complètement stone!» et les 4 éléments naturels qui le constituent, ont l’air fou eux-aussi, jusqu’à la démence.
C’est la nouvelle lutte finale et ouverte entre l’archétype de Dieu qui fait descendre, tel Jupiter, la foudre vengeresse sur notre début de siècle terrifié et l’Ecologie, et ses dogmes, l’écologie qui devient la parole officielle, la pensée bien-pensante, correcte, la foi incontournable, logique, de notre épique époque peuplée de tribus postmodernes comme dirait mon ami le sociologue Michel Maffesoli!
D’apparence, les Tsunamis de l’Apocalypse naturelle nous guettent! Nul besoin d’être Astérix le Gaulois pour continuer de craindre que le ciel nous tombe sur la tête! Et c’est le ciel et ses symboles polyphoniques qui sont alors en cause, c’est le pourquoi de la colère persistante de Dieu, c’est la question de base, à jamais sans Réponse à Job!
Oui, si l’écologie n’est pas écoutée, et suivie d’effets au moins préventifs, l’Apocalypse «made in Humanité», surgie par la très grande faute de l’Homme pêcheur, nous pend au nez. La Terre est souillée, l’eau est rendue impure, imbuvable, l’air n’est plus respirable et le jeune poète que j’étais s’écriait dès Mai 1968:
«Les siècles à fleurir auront-ils assez d’air?»
Mais alors, comment sauver les magnifiques meubles de la planète, sa flore, sa faune, ses océans… mais alors, que suis-je venu faire dans cette galère, devant vous, mes amis?
Et le psychanalyste jungien que je suis, au cœur de toutes ces menaces de destruction complète, de cette grande peur originelle, qu’a-t-il donc à dire, bon sang? Qu’a-t-il donc à parler? Ou plutôt à «parlêtre» comme disait Jacques Lacan?
L’analyste qui, par définition professionnelle, doit maîtriser et prendre du recul face à ses propres émotions subjectives, quelle carte peut-il encore jeter sur le tapis vers de l’avenir afin de ne point céder à la panique générale, à la paranoïa générale, à l’envahissement des névroses et des schizophrénies de ses patients pétrifiés!
Comme répondre tout à la fois à Job, quand son dieu despote le torture et le massacre sans raison, et aux obsessionnels de l’Ecologie quand tout philosophe doit passer par leurs compulsions de répétition pouvant aboutir parfois à l’hystérie collective?
Où devons-nous nous situer, mes amis, dans l’espérance d’avoir «été parfois utile» comme disait Aragon? Comment servir quelque peu autrui avec l’apport des outils symboliques, la mise en lumière des archétypes de l’inconscient collectif que C.G. Jung ne cesse de nous apporter?
Parce que n’oublions jamais, que «nos» patients désorientés, eux aussi, sur le divan, ou en face à face, causent de Terre, d’Air, d’Eau et de Feu maladies à mourir! Ils n’en finissent pas, sans toujours en avoir conscience, de nous raconter leur voyage chaotique et fantasmatique au centre de la Terre, dans le cabinet de réflexion des démarches initiatiques, dans cette étrange caverne de Platon, où l’on demeure seul avec soi-même, devant des énigmes à résoudre et des décisions à prendre. Certains savent même qu’il faut visiter l’intérieur de la Terre et qu’ils y trouveront peut-être alors la pierre cachée des Sages avec laquelle ils bâtiront leur Temple intérieur! D’autres nous racontent des épreuves par l’air: leur monde aérien correspond à celui des idées, de la psyché, du monde intermédiaire. L’air évoque, depuis que le monde est monde, l’idée d’ascension, d’élévation. Sainte Marie de l’Assomption, priez pour nous!
D’autres patients rêvent de purification par l’eau! L’Eau comme berceau de la vie! D’autres enfin ne jurent que par le Feu, le contraire absolu de l’eau, bien-sûr! Son antidote? Le feu s’élève vers le ciel alors que l’eau descend et fertilise la terre… Le Feu est aussi lumière dans l’Ombre, avec ou sans majuscule, et sa manifestation la plus puissante est l’éclair!
De toute façon, Ils ont si peur, nos patients, de retourner prématurément dans les bras de la Pachamama! Ils ont si peur des eaux primordiales, eux aussi, de cette Eau qui, nous le rappelle C.G. Jung «est le symbole le plus fréquent de l’INCONSCIEN »!
Nos analysants ne cessent de rêver de question d’eau, en effet, de WC qui déborde, de tuyau qui éclate, de maisons qui glissent jusqu’au bord du fleuve, de proches qui sont sur le point de s’enfoncer dans les flots en furie, et tutti quanti! C.G. Jung nous le rappelle aussi en analysant les rêves de ses patients: «Le lac dans la vallée est l’inconscient qui se trouve en quelque sorte au-dessous du conscient… l’eau est «l’esprit de la vallée», et rappelle le dragon aquatique du Tao dont la nature ressemble à l’eau, le Yang reçu dans le Ying.
L’eau signifie dont psychologiquement: esprit devenu inconscient». Mais attention: «l’eau est aussi terrestre et tangible, elle est aussi la fluidité du corps dominé par l’instinct, le sang, la plaie saignante, l’odeur de la Bête et la nature corporelle lourde de passion»!
Et puis, dans une confrontation titanesque, face à l’eau, les analysants ne cessent de nous le souffler, il y a le feu extérieur, le feu que crache les volcans du Chili ou d’ailleurs, le feu que nous adresse les dieux du ciel, la colère de Dieu, mais…
…il y a aussi, en regard, en lien, mystérieux comme le numineux peut-être, l’apocalypse intérieure de l’âme humaine contemporaine, apocalypse du dedans, celui de la Psyché!
Désormais, la question que l’on est en mesure de se poser tombe sous le sens et paraît l’écraser! Qui souille tout ce qu’il touche, bon sang? Quelle est-elle donc cette immense provocation de l’époque qui fait que l’époque subit un appauvrissement croissant en symboles? Tout rappelle la merde, souvenez-vous, l’excrément inavouable qui recouvrit la cathédrale de Bâle quand l’enfant C. G. Jung, terrifié et honteux, passa par là…
Décidemment, oui: l’écologie est aussi à analyser comme Jung fit l’étude psychologique des OVNI, des soucoupes volantes dans son livre UN MYTHE MODERNE qu’il écrivit au printemps 1957, à 83 ans, quatre ans avant sa mort?
Et si l’écologie était-elle aussi, un mythe moderne? Un mythe moderne à mettre en confrontation avec la colère de la Terre, de l’eau, de l’air et du feu?
Et si le rôle même du psychanalyste d’inspiration jungienne devenait alors de montrer du doigt le point de jonction et d’incandescence entre ces deux infinies, l’infini du monde extérieur et l’infini qui sommeille ou s’agite en tout homme?
N’oublions pas que la plupart des grands symboles oniriques apparentés à des représentations collectives ont, depuis toujours, représenté les phénomènes de la transformation psychique sous forme de thèmes mythologiques?
Et si le temps était venu, aussi, de relire Métamorphoses de l’âme et ses symboles, ce livre de Jung aussi déroutant qu’UN MYTHE MODERNE, mais qui n’en demeure pas moins un des classiques mondiaux de la psychanalyse? Un des ouvrages qui, soit dit en passant, entraîna la rupture définitive des frères ennemis, Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, le premier affirmant dans Totem et tabou que tout provenait du meurtre primitif du Père d’où découle le complexe d’Œdipe notamment, le second, dans Métamorphoses de l’âme et ses symboles, développant sa théorie de l’inconscient collectif et/ou archaïque, élargissant en fait le champ de la psychanalyse à une psychologie holistique de l’humanité et de la culture des peuples dans ses profondeurs.
Rappelons-nous que c’est en partant, en 1906 déjà, de l’anamnèse personnelle d’une patiente de son collègue de Genève, Théodore Fournoy, la fameuse Miss Miller, que Jung entreprit une sorte d’enquête sur les symboles et les mythes culturels et religieux du monde.
On constate ainsi, qu’à partir des matériaux modestes de Miss Miller, Jung réussit, de façon magistrale, une sorte de psychologie générale de l’humanité issue de l’élargissement même des résultats de l’analyse personnelle d’une patiente.
Jung nous dit en substance que l’inconscient individuel est bien là, chez tout individu. Qu’il peut-être bienfaisant ou malfaisant. Et qu’il existe au surplus, au dessous ou au-delà de cette inconscient individuel, des strates plus profondes et inaccessibles, les couches de l’inconscient archaïque collectif? Ses caractéristiques sont ceux de l’espèce humaine en général et se révèlent, sinon identiques, de moins étonnement analogues, chez tous les représentants de la race humaine?
Il y a donc des thèmes inscrits dans notre nature. Et les époques, les âges, les civilisations en répètent les «archétypes» essentiels. Héritage commun des générations passées depuis l’aube de l’humanité.
«L’âme ne date pas d’aujourd’hui, elle compte plusieurs millions d’années. La conscience individuelle, elle, n’est que le support des fleurs et des fruits, selon les saisons, elle jaillit du vivace rhizome souterrain» écrit C.G. Jung. Le rhizome, c’est le réseau des racines qui est l’origine de tout.
Jung nous rappelle en somme que l’on ne peut vivre en dehors du mythe, «dans les nuages de notre propre spéculation»!
C’est la fameuse question que tout écologiste trop fanatique devrait se reposer à son tour:
«Qu’est le mythe que tu vis?».
L’écologie, mythe ou Réalité? Réalité ou mythe? Et se sont une fois de plus les interrogations majeures de la rencontre du conscient et de l’inconscient collectif qui se posent aujourd’hui dans l’urgence? J’en suis maintenant convaincu, si Jung revenait de l’Orient éternel, il entreprendrait l’étude psychologique de l’Ecologie.
Il se refuserait cependant de se prononcer sur le problème de la matérialité physique de la menace écologique. Mais il rappellerait que la réalité physique, est, de quelque manière, le support du phénomène psychologique. Et réciproquement, sans doute?
Ca n’est pas par hasard si, dans Métamorphoses de l’âme et ses symboles, comme d’ailleurs dans Les Racines de la conscience, le mythe de l’Apocalypse semble partout présent avec toutes les légendes et les symboles concernant, justement, les 4 éléments primordiaux de tant et tant de rites initiatiques depuis que le monde est monde, des rites concernant La Terre, l’Eau, l’Air et le Feu, bien-sûr!
Après tout, l’homme dit moderne, l’homme de notre temps, est-il si différent de «l’homme archaïque» comme l’appela Jung dans une fameuse conférence qu’il prononça en octobre 1930 sur la demande d’un cercle littéraire de Zurich, un exposé qui n’a pas pris une ride! Archaïque, dans l’esprit de Jung veut dire, bien entendu «premier», «originel».
Pour l’homme primitif dit le maître de la psychologie analytique, «la vraie explication c’est toujours la magie». Et il ajoute: «p136 de Problèmes de l’âme moderne …
Entre les apocalypses naturelles (en Chine, en Birmanie, bientôt à San Francisco nous annonce certains spécialistes des failles et des tremblements de terre!) et le passage de l’ère des poissons à l’ère du Verseau évoqué plusieurs fois par Jung lui-même, il y a le fantasme de chacun sur la déflagration totale!
Il ne faut pas perdre de vue les amplifications indispensables à l’établissement du sens des rapports archétypiques, bien entendu.
Comme l’écrit Jung dans la troisième édition de son livre Métamorphose de l’âme et ses symboles , je cite «on ne peut guère venir à bout des problèmes de l’âme humaine au moyen du maigre outillage qu’offre le cabinet de consultation, non plus qu’au moyen de la «conception du monde et des hommes du profane.». Il s’agit bien de comprendre la valeur fonctionnelle des contenus collectifs de l’inconscient. La psyché n’est pas une donnée immuable, mais un produit de son histoire progressive.»
Au-delà des troubles schizophréniques de miss Miller, il y a les troubles pathologiques de la vaste psyché collective de l’humanité d’aujourd’hui! Et ceux de nos patients contemporains!
Jung dans UN MYTHE MODERNE parle de l’inadéquation de l’homme moderne à lui-même et au monde!
Avec l’Ecologie, si l’on souhaite dépasser les clichés et les tartes à la crème des slogans faciles et des propagandes pour avoir bonne conscience, il faut aussi parler de l’humaine et commune détresse: détresse du dehors, devant le spectacle planétaire du dehors et détresse du dedans, dans la psyché de chacun et chacune de nous.
Alors, l’heure est-elle advenu, à juste titre, de décréter d’urgence une certaine ECOLOGIE DE L’ÂME HUMAINE A GUERIR?
Le Docteur Cahen, l’un des grands promoteurs de l’œuvre de Jung en France, parlait lui de la nécessité d’accomplir la tâche immense, incommensurable mais inéluctable, de se réadapter d’un même coup à son cosmos extérieur et à son cosmos intérieur?
Quoi qu’il en soit, le tremblement de terre de Chine et les catastrophes entraînées par le cyclone de la Birmanie imposent une fois de plus la relecture du livre de Jung le plus controversé de son époque REPONSE A JOB?
C’est ainsi: Dieu semble fou et cruel! Plus on subit les catastrophes et les traumas, plus il tape! On lui reste fidèle et il nous tape dans la gueule encore plus for!
C’est encore Jung qui, dans REPONSE A JOB, au chapitre 15, écrit: «L’Apocalypse est d’une part si personnelle et d’autre part si archétypique et collective qu’il faut en considérer ses deux aspects». Et encore -- que les écologistes qui ont des oreilles entendent-- «Le quotidien, dans cette vie, est tellement imprégné de merveilleux et de mythique que l’on est jamais tout à fait sûr des faits réputés concrets»… Après tout, l’un des problèmes de l’âme moderne, nous enseigne aussi C.G. Jung , c’est, qu’indépendamment de son haut degré de conscience, l’homme dit civilisé «est encore un homme archaïque dans les couches les plus profondes de sa psyché»!
Or, l’homme archaïque, lui, avait une attitude en quelque sorte adaptée à l’arbitraire du hasard. «Le hasard arbitraire» explique Jung, «consiste, d’une part, en la formation de groupes de hasard, (vous savez la loi des séries, après la catastrophe de la Birmanie, celle de Chine!) d’autre part, en la projection de la psyché inconscient qu’on nomme participation mystique». «Pour l’homme archaïque cette distinction n’existe pas, car le psychique est chez lui si totalement projeté qu’il ne se distingue plus de l’évènement physique objectif.». Pour l’homme archaïque, Tout est intimement imbriqué, les dieux et les hommes, « out a une âme, âme de l’homme ou mieux encore âme de l’humanité, inconscient collectif, car l’individu isolé n’en a pas encore» dit encore Jung, tout est nature, et tutti quanti dans cette direction!
D’une certaine manière, pour l’homme archaïque, le tremblement de terre en Chine aurait comme un lien et une signification mystique à déchiffrer avec les persécutions de la flamme Olympique portée par les sportifs chinois…
La question soulevée notamment par Jung est toujours là, au cœur du monde: «la question est de savoir si le soleil sacré éclaire les mondes, ou si le soleil est un produit de l’œil humain! L’HOMME ARCHAIQUE CROIT AU SOLEIL, le civilisé, AUX YEUX!
Alors, que conclure ici et maintenant, dans ce colloque? Faut-il vraiment conclure? Avant d’attendre l’Apocalypse, et plus rationnellement vos questions?
Laissons-nous encore un peu de temps, et proposons en guise de guérison à cibler pour l’homme moderne, proposons de lutter contre l’appauvrissement de son univers symbolique.
Citons encore le Maître de la psychologie des profondeurs et laissons-lui refermer l’exposé… Jung dans REPONSE A JOB nous rappelle que Clément de Rome professait que Dieu régentait le monde avec une main droite et une main gauche. La main droite signifiait le Christ et la gauche Satan.
Cette conception est manifestement monothéiste puisqu’elle réunit les principes opposés dans un Dieu. Mais, nous dit encore Jung,: «plus tard, le christianisme devint dualiste dans la mesure où la part des éléments opposés , personnifiés par Satan, se trouve dissociée et où Satan se trouve banni dans un état d’éternelle malédiction. Le voilà le problème central»!
Mais oui, en effet, on ne peut se passer de l’hypothèse qui consiste à croire que les contraires sont unifiés dans un Dieu. Et que c’est par là que gîte le fameux Numineux! La «participation mystique» dont parlait Lévy-Bruhl en étudiant certaines tribus archaïques…
Mais si l’existence est un champ de force, ceci repose de toute façon l’antique problème religieux: le problème de Job»! Pourquoi les dieux se fâchent sans raison apparente? Pourquoi toute catastrophe naturelle paraît naître d’une puissance arbitraire invisible? Pourquoi retrouve-t-on dans la psyché de tant de nos patients en souffrance tant de PORTENTUM, tant de prodiges, tant d’OMEN, tant de présages, comme le sont comètes ou éclipses? tant de mauvaises augures, aussi, tant d’hallucinations quand nous avons affaire à des malades mentaux? Pourquoi tant de sorciers, de sorcières et de loup-garou, de voix parfois meme chez certains aliénés?
Et si l’homme primitif avait raison, si tout ce qui se passe sur la planète relevait non point d’un hasard, mais d’une intention? Si la causalité naturelle n’était qu’une simple apparence? Si la psyché devait aussi parler?
Décidemment, les «représentations collectives» de l’homme archaïque sont plus profondes qu’elles ne le semblent! Si les Elgoniens, cités par Jung, avait raison, le matin, quand le soleil se levait, de sortir de leurs huttes et de cracher dans leurs mains et de tendre leurs mains vers le soleil? Ce qui revenait à faire une offrande au soleil, sachant que la salive est la substance qui, selon la conception primitive, contient le MANA personnel, le divin, la force qui guérit, la force magique, la force de vie!!!
Alors, Messieurs, Mesdames, chers amis jungiens, ne vendons pas la mort de la Terre-mère avant de l’avoir tué!
Jean-Luc Maxence
JEAN-LUC MAXENCE è
Psicoanalista, per anni ha diretto il Centre Didro di Parigi per la lotta alle tossicodipendenze
Saggista, ha al suo attivo numerose pubblicazioni
Poeta, autore di numerose raccolte poetiche, tra cui Ferveur des silences e De longue mémoire, pubblicate dalle Éditions Guy Chambelland
Editore e fautore, da trent'anni, della poesia contemporanea francese, attraverso le riviste che ha fondato (Présence et Regards, les Cahiers du Sens), e il suo laboratorio di edizioni poetiche, Le Nouvel Athanor.
Socio dell'Associazione Europea di Psicoanalisi
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